Un blog politique où une large place sera faite aux questions internationales et à la politique française. Un blog pour débattre et confronter. Un blog pour proposer et agiter.

Pourriez-vous continuer à vous taire s’il-vous-plaît ? Le « Tueur en Syrie » vous remercie

« Tueur en Syrie » était le titre de la Une de Libé le 27 avril dernier. Et depuis ? Rien.

Il y a quelques années dans le métro je fus marquée par un slogan en haut d’une affiche blanche et vide. Il était écrit : « Voici ce que vous direz à vos enfants lorsqu’ils vous demanderont ce que vous avez fait contre la guerre dans les Balkans ». Puis rien, le vide d’une affiche. Le blanc du silence. Quelle association avait lancé cette campagne ? Je n’en ai gardé aucun souvenir. Le propos primait sur le support. Pas une pub, un message.

Or, depuis des mois je pense à cette phrase. Face à notre impuissance, nous répondons souvent : « A quoi bon ? ». « Une manifestation ne sert à rien sauf à nous donner bonne conscience ». « Un don à une ONG arrivera-t-il à bon port ? ». « On ne va quand même pas aller là-bas pour se battre ? ». Mais à ne rien faire, on accepte. Rien ne nous lie aux Syriens. Rien sauf un refus viscéral de voir chaque jour une nouvelle vague de répressions faire les (sous)-titres des journaux. Rien sauf une évidence peut-être.

Alors, on fait quoi ?

Je navigue sur tous les sites d’associations françaises et internationales (Amnesty InternationalFIDHMSFMDMLDH) et rien ou presque sur la situation syrienne, mises à part l’indignation et l’information.

J’ai trouvé un appel à manifester lancé par l’association SouriaHouria (relayé par la FIDH) qui est un groupe de soutien à la révolte du peuple syrien.

Je comprends de mes navigations que tout reste à faire.

Alors, on fait quoi ?

Discours sur les classes moyennes ? Un débat qui ne dit pas son nom

Tous les candidats déclarés ou pressentis à la prochaine présidentielle orientent la plupart de leurs discours sur les désormais fameuses « classes moyennes ». Elles auraient été les grandes oubliées des dernières élections, les premières perdantes de la mondialisation, les principales victimes d’un système d’assistanat consacré aux plus défavorisés. Mais ce débat cache au moins trois enjeux. Lire la suite

De l’usage des mots et de notre passivité à en contester la torsion politique

En 2004 en Ukraine, alors que les fraudes lors de l’élection présidentielle croissaient chaque jour, nous sommes partis (quatre militants de l’association RéSo) à Kiev pour voir, comprendre et soutenir. L’objet de ce billet n’est pas d’évoquer les multiples débats que posaient notre soutien à la « Révolution Orange » (quoique cette question est passionnante et toujours d’actualité), mais de relater une anecdote qu’il me faut mettre en lien avec quelques événements récents.

En Ukraine nous avons été accueillis par de jeunes militants d’une association fraîchement créée et appelée « Ukraine Propre ». Consternation. Pour les Européens de l’Ouest que nous étions, le concept de « propreté » en politique nous semblait être l’apanage de mouvements de l’extrême droite contemporaine (« Mains propres et tête haute » du Front National) sans parler des slogans des groupes fascistes dans la première moitié du XXème siècle. Après quelques recherches et de nombreuses discussions avec ces militants, nous nous sommes rendus compte que la lutte contre la corruption, la haine des élites et la détermination à faire un « ménage » politique et institutionnel dans un pays récemment sorti du joug soviétique et administré par un régime autoritaire, ne pouvaient s’entendre de la même façon dans un Etat démocratique. Il s’est avéré que les militants de « Ukraine Propre » se définissaient eux-mêmes comme des sociaux-démocrates (au sens où nous l’entendons nous), fascinés par le modèle proposé par l’Union Européenne (moins par ses réalisations) et enthousiasmés quarante ans après par Mai 68. Petit choc politico-culturel.

J’avais presque oublié ce souvenir. Il m’est revenu ces derniers temps alors que je ne supportais plus d’entendre le mot « liberté » associés à des partis ou mouvements d’extrême droite. Lire la suite

Partir ou rester ? Un dilemme cairote

Depuis une année, l’Egypte, comme d’autres pays arabes, s’engage vers une voie nouvelle. Ici, nous oublions le temps nécessaire aux processus de démocratisation, à l’émergence d’une société civile, à la formation de responsables politiques nouveaux, à l’élaboration d’un dessein collectif. Nous oublions et regrettons déjà que les premiers votes démocratiques amènent au pouvoir des leaders islamistes, nous regrettons les violences et restons sidérés par les plus récentes à Port-Saïd à l’issue d’un match de foot. Lire la suite

Sale époque pour les internationalistes !

La crise charrie des discours de simplification du monde où dénommer un adversaire plus faible est devenu un refrain bien connu et auquel la Gauche participe davantage chaque jour. Dénommer un adversaire ne sert qu’à définir le périmètre des partenaires. Et ça la Gauche semble l’oublier. Lire la suite

Retour sur des processus de démocratisation (premier épisode)

Depuis la chute du mur de Berlin jusqu’au Printemps arabe en passant par les révolutions de velours dans l’espace post-soviétique, les processus de démocratisation sont analysés comme des phénomènes indépendants les uns des autres, non dans le temps, mais par leur nature, leur finalité et leur débouché. Mais divers enseignements peuvent être tirés sur la notion de démocratie et son exercice. Je tenterai en quelques épisodes de livrer quelques uns de ces enseignements. Lire la suite